SWIM + BIKE + RUN = TRIATHLON

Pour atteindre un objectif, soit on se donne les moyens, soit on se trouve des excuses.

mercredi 20 mai 2026

FRENCHMAN ! C'EST CADEAU


UN PEU D'HISTOIRE

Je ne fais pas beaucoup de courses. Une ou deux seulement dans la saison, à l'envie, quand le corps accepte de signer le contrat sans lire les petites lignes. Mais ce dossard-là avait une saveur particulière. Il m'a été offert ! Oui, c'était un cadeau. J'y viens dans deux minutes.

En terminant mon dernier IronMan à Vitoria Gasteiz, j'avais un peu baissé la garde. Tout d'abord, j'étais déçu par ma course, que j'avais imaginée tout autre... 

À cela se sont rajoutés tous les petits ennuis que j'ai eus l'année suivante: pépins physiques aux ischios et aux mollets, avec cette impression de toujours reprendre la course à pied à zéro, se sentir à nouveau 'pas mal', puis contraint de s'arrêter, puis reprendre, s'arrêter... une reprise sans fin. De ce fait, j’ai moins couru, peu nagé mais heureusement roulé régulièrement. Parce qu'en vélo, en fait, physiquement on se blesse rarement. 

Ensuite, il y a eu aussi la pression liée au travail pour me faire changer de poste. Très peu soutenu par les RH et ma hiérarchie directe, dans une ambiance pas terrible, la transition professionnelle était tendue. Un terrain favorable aux blessures comme un test de résistance mentale. Je suis résilient !

Je m'étais alors dit que je pourrais faire plus court. Un Half IronMan par exemple. Je me suis donc inscrit au Challenge Vieux Boucau en octobre. Résultat : un calvaire. Blessé sur la course à pied pour boucler un semi-marathon interminable, en marchant. Doublé par mes propres pensées.

Bref, toutes les conditions étaient réunies pour ne plus avoir envie de planifier un défi sportif. Pendant plus d'un an et demi, j'ai donc piétiné tout en prenant inéluctablement de l'âge, au passage !!! Et même au pas... sage...

Puis, c'est le déclic. Le changement de poste est enfin possible. Cerise sur le gâteau, voilà qu'une partie de mes collègues participent à un cadeau de départ sous l'impulsion de Myriam : ce sera un IronMan, le FrenchMan ! 

Je peux d'ores et déjà leurs avouer que j'ai profité un max' de cette surprise, aussi magnifique qu'originale. Entre toutes les heures d'entrainement qui ont précédé l'épreuve et l'IronMan lui-même. Ce fut un cadeau tout en longueur. L'adage dit :  "plus c'est long, plus c'est bon." 6 mois !!!! Un record ! 

Alors si l'envie de se relancer n'était restée qu'en suspens pendant de longs mois, cette occasion matérialisait-il un signe de nouveau départ? 

Une chose était certaine. 

Le FrenchMan de Carcans(33) deviendrait mon 11ème IronMan.

Après ça, tout s'est enchainé. Reprise des entrainements en douceur en décembre avec pour objectif de monter progressivement la charge et être prêt le samedi 16 mai 2026. Jamais je n'aurais fait un IronMan aussi tôt dans la saison. Un autre challenge: la météo hivernale.

Mon kiné m'aide à ne plus me blesser. Grâce à lui, j'arrive même à sprinter. Et ça tient ! Si ! Si ! Je suis aux anges. Je fais quelques portions à plus de 18km/h. Je me dis, cette fois, que c'est tout bon ! Enfin, presque... 

Un mardi soir de Décembre. Séance sur piste programmée : 4x1000m en 3'45''. Dans le second 1000m, le soléaire devient dur. J'entame tout de même le troisième que je mène au bout. Le mollet se durcit encore plus. Je m'arrête. Par prudence. Et j'ai bien fait ! "Ça a failli casser" me dit le docteur. Me voilà donc au repos course à pied forcé pendant 3 semaines minimum. Fichtre ! Heureusement que je nage et que je roule, malgré la météo très pluvieuse qui n'arrange pas les choses. Deux samedis non pluvieux seulement sur les 3 premiers mois de l’année 2026 ! Incroyable. Le mollet semble guéri. Pourtant, il me titille encore. J'appréhende.

Alors je me tourne vers une spécialiste qui me propose une autre méthode. Sauf qu'il faudra venir pendant 6 jours d'affilée. Pas de séances espacées comme font habituellement les kinés. Selon elle, ça ne sert à rien. Il faut guérir dans la continuité, ne pas laisser les muscles oublier pourquoi ils sont là. Après tout ! Au point où j'en suis, si c'est ça la solution. Je prends. La méthode est peu connue, personne ne me l'avait jamais proposé jusqu'ici... Je suis prêt à croire à tout si ça marche.

Résultat : je n'ai plus eu de problème aux jambes ! Rien ! Je me remets donc à courir. En revanche, je m'impose une règle. Tu ne dépasseras pas les 15km/h jusqu'à l'épreuve... De toute façon, le Marathon, je ne le courrai pas à cette allure.

Passent donc mars, avril et mai avec de belles semaines, privilégiées sur le vélo. En course à pied, je ne suis pas monté à plus de 3 sorties par semaine, soit environ 30km en cumulé. C'est juste. Trop juste pour envisager un marathon sérieux. Alors mi-avril, je tente. J'enchaine deux semaines à 50km. Ca tient ! Début mai, ma plus longue distance effectuée à pied sera 19kms après un enchainement vélo de 110kms, à la bonne allure.

RESUME DE LA PREPARATION PAR MOIS

  • 20/25km de nage, 
  • + de 1000km de vélo 
  • 130km de CAP ! 

J'arrive au bout de tout ça, fatigué, mais c'est normal. En vieillissant, on récupère moins vite et on a moins envie de se faire 'mal'.

Je coupe progressivement 10 jours avant. À J-6, je me sens très bien. Je nage régulier, je roule en confiance et je cours à l'allure que j'aimerais tenir le Marathon. Seulement, un Marathon IronMan est un Monstre. Comme je n'ai pas assez couru, sauf si les planètes s'alignent, le jour J, le plan ne se déroulera pas sans accroc. Sauf si Grand Jour !

Avant de partir au combat, les commentaires de mes collègues qui m'ont offert le cadeau sont variés.

  • T'es le meilleur, tu vas tous les bouffer !
  • Bonne course Fred. On pensera à toi.
  • Fais passer le plaisir avant la performance.

La semaine qui précède, je me discipline encore plus sur la nutrition, l'hydratation et surtout le sommeil. Il faut dormir, car la nuit qui précède, on dort peu. 

Quoique cette fois-ci, je me suis réveillé seulement 30mn avant le réveil programmé à 5h00. Expérience ?

Nous arrivons en famille sur place deux jours avant l'épreuve. Idéal pour prendre ses marques. 

VEILLE DE COURSE

On fête l'anniversaire de Sacha. 12 ans !

Avec ses deux grands frères, il fera 12km de footing sur le parcours du marathon. (12 comme son âge). "Papa, ça fait que monter et descendre ton parcours." me disent-ils.

Ici la bosse la plus importante du Marathon.

Puis il y a aussi un Half IronMan. Mon pote Adrien du Havre en fait partie ! Je suis très heureux de le retrouver. Cela fait 8 ans depuis l'IronMan de Vichy 2018 que l'on ne s'était pas vu physiquement. On a un peu vieilli tous les deux, certes, mais beaucoup aimerait être 'vieux' comme nous. Les expérimentés que nous sommes ont encore du répondant. Enfin, surtout lui. La preuve, ce 40km/h de moyenne sur le vélo pour 90km dans des conditions aérées.


JOUR DE COURSE

Debout 5h. Petit déjeuner: Gatosport maison. Après, je file à pied vers l'aire de transition. Au bout de 5mn de marche, il tombe une averse terrible. Décidément, la journée commence bien. Je m'abrite pendant 5mn pour éviter d'être détrempé. Ça tombe sec ! Heureusement, la pluie diminue en intensité. Je file au parc à vélos avec mes deux sacs sur le dos. Mouillé.

Première action. Mettre de la graisse sur les roulements usés de ma direction. Le gars du stand mécanique fait ça sans problème. Merci. Ouf, le guidon tourne mieux. Merci beaucoup à Guy pour les conseils envoyés la veille par SMS. C'est ça un IronMan aussi, une équipe sur laquelle on peut compter. Et Guy a toujours été là. Disponible très rapidement, comprenant l'enjeu de l'entrainement, lui-même ancien champion cycliste. Encore merci beaucoup !!!!

Seconde action. Préparer le vélo. Installer les gels et les bidons. C'est fait !

Troisième action. Commencer à enfiler la combinaison Natation à l'abri, auprès de mes sacs de transition.

C'est tout bon ! Je suis prêt. Le départ est à 7h00. L'eau est annoncée à 17°C.

Je rejoins ma tribu au point de rendez-vous à 6h45. J'ajuste le haut de la combinaison néoprène.


Madame BipBip prend une photo avec les jeunes. Vous apprécierez le mode "Voilà les Dalton". Moi, ça serait William.

Pour le moment le soleil se lève. Mais les nuages arrivent !

Les prévisions météo ne sont pas très bonnes. Pluie le matin jusqu'à 9h30 et après ce sera le vent, défavorable, puisqu'il soufflera Nord-Nord Ouest. Nous aurons donc les 3/5 du parcours en vent de face ou trois quart face. 

Après, les conditions seront les mêmes pour tout le monde !!!!

Je me mets un peu à l'eau avant de partir, pour la tester. Tout va bien. Je me dirige ensuite vers le sas de départ. Nous serons 1 100 à s'élancer !

Les élites partent en premier. Puis les 55mn - 1h10mn. Ensuite, tous les autres. Je me mets dans le second sas. Habituellement, je nage entre 1h et 1h10.

Nous attendons tous le départ sous la musique et la chorégraphie de FrenchMan, Benjamin Sanson. The Fish ! Le meilleur nageur du monde en Triathlon, d'une époque que les gars de 20 ans ne peuvent pas connaître. 

Cela me permet de glisser au passage que cela fait 40 ans que je fais ce sport ! Oui ! Je ne suis plus tout jeune. Dans ma dernière année de ma catégorie, V3 - 50/54ans.

Les minutes passent. C'est un moment très intense. On repense à tous ces entrainements, à toutes ces heures en solitaire où il a fallu gérer les soucis au boulot, le rush, les aléas du quotidien, les compétitions des enfants, les travaux à la maison... La vie quoi ! 

Au milieu de tout ça, il a bien fallu caser toutes ces heures pour se préparer: entre midi et deux, tôt le matin, puis le soir aussi. Le retour en arrière finit par s'étioler. Maintenant, il faut entrer dans sa bulle et surtout dans l'instant présent. Je souffle profondément pour me relaxer au max'. Pour donner le max'. Pour aller chercher une ligne d'arrivée de plus. Quoi qu'il arrive, ce sera dans la tête. Parce qu'un IronMan, ce sont des hauts et des bas. Physique bien sûr. Mais surtout dans la tête ! 

Et justement j'ai un objectif en tête. Depuis longtemps. 

J'essaie de ne pas trop y penser. J'essaie. "Pour ne pas être déçu" diraient mes parents. Mais il est là cet objectif, ancré en moi. Va falloir faire avec. Si jamais... Oui ! Si jamais, il m'échappait une fois encore...

PAN ! Un coup de feu vers le large ! 

Benji FrenchMan a donné le départ. Les pros sont partis. Dans un peu plus d'une minute maintenant, ce sera mon tour. On fait rentrer notre sas devant le tapis du chronométreur. Ces simples tapis posés au sol, reliés par des fils à un boitier, sont un lien unique qui va m'unir à ceux qui me suivent de loin et même de près, car grâce à eux, mes supporters sauront où et quand me voir ! Mon but : faire bipper la puce accrochée à ma cheville gauche. Pour montrer que je suis encore en vie, en course, sur le chemin de l'accomplissement de tous ces mois... Chacun de ces Bips me rapprochera de la finish line.

J'y suis ! On nous laisse partir, nous, le groupe des 55mn - 1h10. 

Allez : 3 -2 -1... BIP ! 

La puce s'est déclenchée. Le premier mètre est sur le sable. Dès le second, mon pied est dans l'eau. Je ne peux plus reculer.

NATATION : Dantesque !

Je m'élance pour les 3800m. Le parcours est très simple. Un aller-retour jusqu'aux deux bouées vertes qui sont loin, très loin.

Photo prise la veille ci-dessous. Les bouées vertes sont à peine visibles.

Je me mets tout de suite dans le rythme en longeant les bouées jaunes. Les sensations sont très bonnes, sans être dans le dur, sur le rythme travaillé à l'entrainement, celui-là même qui doit me faire sortir de l'eau entre 1h06-1h08.

Je suis très étonné par la noirceur de l'eau. On ne voit même pas ses mains quand on nage. Au début, cela surprend beaucoup, mais comme de tout, on s'habitue.

Première bouée rose avalée. Tout va bien. Il n'y a pas de bousculade. L'avantage des lignes droites. En dehors de quelques athlètes qui nagent sans réelle orientation, tout se passe bien. J'arrive donc à la première moitié de la moitié. Au quart pour ceux qui suivent ! 

Je double quelques concurrents. Je me sens relâché. Ça sent bon !

10mn plus tard, je ne dirai plus la même chose. 

On attrape une tempête incroyable. Il se met à pleuvoir très fort avec du vent, formant une houle importante. Outch ! De suite, ça calme. Je reste concentré. En cherchant ma direction, je constate que la bouée verte du retour n'est pas alignée avec celle de l'aller. En effet, je la vois toute proche alors que l'autre semble vraiment loin. Ca sent la dérive de bouée avec le vent. Un peu comme mon esprit à cet instant-là ou la phrase qui va suivre, que je vous laisse telle que je l'ai écrite sur le premier jet avant la relecture de ce compte rendu.

'En effet, j'arrive à l'avant dernière bouée jaune, juste avant le bouée verte du fond et que la bouée verte du retour est déjà passée sur la ligne d'en face !' 

Vous n'avez rien compris ! Moi non plus ! Bref ! C'est le bazar ! Les bouées ont bougé à cause des bourrasques, ça, j'en suis sûr.

La pluie redouble. Je contourne enfin la bouée verte de l'aller. Si on suit la logique, suivant le petit plan théorique que vous avez juste avant, j'oblique à 90° droite, et je dois me trouver en face d'une bouée verte. Celle du retour. Eh ben non ! Ya'pu'! Elle est avancée. 

La pluie s'intensifie encore, cinglant le visage lors de la respiration. Les vagues sont aussi plus hautes. Je bois la tasse, l'eau me tabasse. Il est temps que je me casse de cette zone dégueulasse pour éviter de faire la grimace.

J'arrive à la seconde bouée verte, celle-là, c'est celle du retour, et donc il ne me reste plus qu'à revenir vers la plage. C'est vite dit comme ça hein ? 

Seulement, je tente de viser la bouée jaune qui suit. Je ne la vois pas. Disparue ? Et je ne suis pas le seul. Plein de gars brassent pour la repérer. 

C'est à ce moment que d'autres athlètes viennent à contre-sens. On frôle l'accident en lac. Il y a même un constat amiable entre deux pingouins.

Là je me dis : "Mince, c'est toi qui t'es planté, tu as dû faire demi-tour !" 

Ben non, nananère. Je ne suis pas le seul. 

J'entends soudainement gueuler : "Eh oh, les gars qu'est ce que vous foutez là !". 

Celui-ci, je l'aurais béni. Ce sont 'eux' les coupables... Pas nous !

N'empêche que les bouées du retour ont l'air de toutes dériver vers l'extérieur. Alors là, allez donc savoir pourquoi et comment, je me retrouve en fait à mi-distance entre deux rangées de pingouins. Ceux qui remontent à ma droite et d'autres qui reviennent vers la plage à ma gauche. 

Je repique sur la gauche pour suivre le train, mais les bouées ont carrément bougé. Si vous ne le savez pas, c'est que vous n'êtes pas attentifs à force de le répéter. En fait, c'est pour ceux qui sauteraient des lignes dans la lecture. 

Bon ! Reprenons le cours de l'histoire IronMan.

La pluie se calme enfin et le vent aussi. L'eau est toujours aussi sombre. On ne voit rien en dessous. Il y aurait des tas de piranhas, on ne les verrait pas venir. Ou des gros silures tiens ! Mais je ne pense jamais à ça, même quand je nage dans mon joli lac d'Aressy le matin.

Je repique donc sur la gauche et repère enfin les bouées en direction de la plage. Je suis heureux de retrouver la bouée rose intermédiaire. Les 3/4 sont faits !


En revanche, depuis un petit moment, ma nage s'est dégradée. J'ai été carrément en mode survie, désorienté par une orientation déboussolée. On dirait du Jean Claude Van Damme. 

Plus je m'approche de la plage, mieux je me sens, même si je n'arrive pas à accélérer. Alors, je me cale derrière un athlète et on avance.

Il ne reste plus que 200m. Enfin ! J'ai rarement été secoué comme ça depuis le Pays de Galles. Mais au moins là-bas, les bouées étaient bien visibles. Là, c'était galère. "L'enfer" me dira un gars sur le vélo.

Je m'extirpe enfin de l'élément liquide. Il pleut. Un peu. M'en fous, je suis mouillé. Je suis super content d'en avoir fini. Je ne connais pas mon temps Natation mais il ne doit pas être terrible. Je l'estime à plus d'1h10 ! Je l'apprendrai au départ du marathon avec Dimitri. Suspense. Vous verrez. Un vrai caillou.

Je signerai là, la plus mauvaise Natation de ma carrière IronMan. 

Au passage, plus de 50 athlètes abandonneront après la Natation.

TRANSITION 1 : Correcte

J'enlève assez rapidement le déguisement du pingouin Huub. Je m'équipe pour le vélo. Les bénévoles nous proposent même un thé pour nous réchauffer. "Tea Time". Eh oh, on n'a pas que ça à faire ! Certains se laissent tenter. Pam ! des places de gagnées, facile... 

Je remets les deux sacs dans le bon ordre, le sac pour la CAP par dessus celui où je laisse mes affaires de Natation. 

Je trouve facilement le vélo. La désorientation s'est ré-orientée pour retrouver le sens de l'orientation. Il est garé Allée 20. Numéro 2003. Je m'élance sur la seconde épreuve. Ma préférée. Le vélo !

VELO : 2 x 90 km : AERE

C'est parti ! Avec la manière !


Alors le plan est simple. On aura le vent de face ou trois quart face sur 70% du parcours. Quand tu as cette information, tu sais que c'est plus fiable que Bison Futé. Il faudra rouler à l'économie à l'entame, vent de face, profiter des petites descentes pour reprendre un peu de temps même si elles sont peu nombreuses, attendre le KM30 pour appuyer jusqu'au KM60 grâce à un vent favorable dans le dos pour revenir enfin vers le parc à vélos, avec les deux soeurs jumelles, Prudence et Parcimonie, en gérant la puissance pour finir correctement.

Je pars donc souple. La première partie se déroule sous la pluie avec le vent de face sur une petite route forestière au bitume très moyen. 

Petit effort DDE demandé pour l'an prochain s'il vous plait. 

Je suis le plan à la lettre. Le compteur oscille autour de 32-36km/h. Je suis plutôt bien. Après avoir longé l'océan, soit après 20KM, arrive le premier ravitaillement. Je prends une banane. Non, je ne fais pas une partie de MarioKart. J'ingurgite le fruit tout simplement. 

J'ai froid sur le vélo. Il fait 9°C. On sort de l'eau, c'est vrai quoi ! Il est où le réchauffement climatique ? 

Le vent me pousse un peu et la vitesse augmente. La seule 'vraie' bosse du parcours arrive, sur 500m, 5%, pas méchant du tout. Derrière, j'enquille la descente, vent aidant, et j'en profite pour me détendre. Là, je vous passe la description, les esprits les plus éclairés, ou illuminés, imagineront la scène eux-mêmes. Exercice périlleux à ne pas tenter dans la vie de tous les jours. Mais honnêtement, j'en ressors... soulagé.

Les deux longues lignes droites qui suivent se passeront très bien. Moyenne autour de 35-37km/h. Nickel, sans taper dans les watts.


Enfin arrive le KM30. Parfait. Maintenant, je vais pouvoir envoyer du steak comme on dit plus particulièrement au Havre !

Pas de chance ! Non de Diou ! Le vent a tourné et se retrouve presque de face. Cerise sur le gâteau, même si je n'ai jamais demandé de forêt noire, le bitume est de mauvaise qualité sur les 10 premiers kilomètres de cette section. Cela n'aide pas à augmenter la moyenne. Alors, votre BipBip, expérimenté, ne s'affole pas. Je me cale en position aéro et roule entre 35-38km/h sans oublier de boire et de m'alimenter. Il fait toujours aussi froid.

KM50, je double Pierre, un ex de la Tribu de Nay. Cela fait très Manau cette petite phrase... 

KM55. Mes deux plus grands garçons, Dimitri et Adrien, sont au bord de la route avec leurs vélos. Ils font la boucle à l'envers pour m'encourager. Super ! Content de les voir. Tout va bien pour eux. Pour moi aussi, si on en croit le cri de guerre !

KM60. C'est le retour vers le parc à vélos. 30km ! Vent latéral sur 10km, puis vent de face pour boucler la boucle ! La moyenne chute un peu. Pas moi ! Ce passage me semble long. Il y a aussi moins de gens pour encourager. La pluie a cessé. C'est déjà ça.

J'arrive à la fin du premier tour et je cherche mes deux derniers supporters.


Je leur dis que je suis en bonne forme, que je vais très bien. Tout est OK.

Hop ! C'est reparti pour le chemin le long de l'océan. A ce moment, Thierry, qui est au ravitaillement m'encourage. Merci Thierry ! 

Les 20km passent bien. Un petit paquet revient de l'arrière et me double. Ils sont tous roue dans la roue. Ils draftent. C'est interdit ! Enfoirés. Je garde la distance. Pas de triche chez les BipBip. Roots ! Je les suis à distance respectable et réglementaire (on dirait un gendarme qui écrit). Quelques minutes plus tard, une moto arrive avec Madame l'arbitre qui sanctionne. Des fois, il y a une justice. 5mn de pénalité pour eux en Penalty Box. Cela veut dire qu'à la fin du vélo, ils devront attendre 5mn avant de repartir. 

Hé ouais les copains ! Fallait pas tricher.

Les deux portions de ligne droite repassent très bien aussi. Parfait ! 

Me revoilà au KM30 du premier tour. 

Pour ceux qui suivent, je suis au KM120. 

Les 2/3 du parcours sont avalés !

Cette fois, ouh yes, le vent est favorable. ll s'est remis dans le bon sens. Ce sera 30km de bonheur, à rouler facile à près de 40km/h. 

Je recroise Dimitri et Adrien. Ils me diront après la course qu'ils y avaient plein de gars, par paquet, abrités dans les roues. C'est dégueulasse. On économise tellement d'énergie à rouler ensemble. Oui, mais l'IronMan, normalement c'est NO DRAFTING ! Décidément, ça triche sur le vélo.

Citation BipBip :  

"Si certains méritent le nom d'homme d'acier ! D'autres ce serait plutôt "à chier" !" 

KM150. Les 30 derniers km face au vent sont épouvantables. Je m'alimente bien, bois régulièrement. De ce côté-là, c'est nickel. En plus, j'ai gardé pour la fin mon bidon magique. Ca y est, j'en vois certains qui croient que j'ai un ami commentateur sur France Télévision, que j'ai croisé la veille en train de promener son chien. Croisé seulement, même pas salué. Non non non, pas de ça à la maison. Mon bidon magique, c'est eau, fructose et sel ! 

Le vent a forci. C'est vraiment pénible. Tous les athlètes en ont marre de ce ventilateur permanent. Conséquence, la moyenne flanche un peu. Mais lorsque Carcans sera passé, l'écurie n'étant plus très loin, forcément la fraicheur apparente devrait revenir. Enfin, je l'espère.

Effectivement, sur les 15km restants, j'ai doublé des gars un peu usés, fatigués, désabusés par Eole. À un moment, j'ai fait des chassés-croisés avec un certain Sébastien du HAC (Le Havre). Mais à 10km de l'arrivée vélo, je passe devant et prends le large. Tout est bon ! Plus que 5km. Je ne me sens pas trop entamé, même si, comme toujours, il me tarde de descendre du vélo. 180km, c'est long !  

TRANSITION 2 : Assez rapide.

Je remets le vélo à sa place. Merci fidèle destrier! Toi avoir été brave ! Toi pouvoir te reposer maintenant. Hugh ! BipBip, l'oiseau rapide du désert peut partir gambader dans la plaine de Maubuisson. Sus au coyotte !

Inutile d'initier la danse du scalp, je ne suis pas encore mort, je m'engage alors sous le grand tipi blanc, change mes plumes rapidement sans oublier mon arc et mes flèches et mes fidèles Booster pour protéger mes mollets. 

Et c'est parti pour le marathon ! 

Moi je dis, ce sport, ça rend un peu marteau.

COURSE A PIED : Un Marathon très moyen sur un parcours pas facile

Allez ! 4 tours de 10.5km.

D'abord, la partie vallonnée, dans la pinède, avec une entame de 2km de faux plat montant, où cela fait plus monter que descendre (logique), dont une bonne petite bosse sur 300m à avaler. Celle où on voit les jeunes BipBip courir. Ce passage m'a paru finalement agréable. Il y avait pas mal de people pour encourager. Le retour est donc plus en mode faux plat descendant, malgré quelques petites montées. Normal ! Ensuite, passage devant la ligne d'arrivée pour aller jusqu'au bout de la baie, amen, avec un petit vent léger dans le dos jusqu'à un parking, où là, on effectue un demi-tour pour terminer les 1600 derniers mètres vent dans la truffe et boucler le périple. A faire donc 4 fois !

Sur la première boucle, je pars au rythme prévu. 5'20'', un peu plus lent que celui planifié, histoire de rentrer tranquillement dans le gueule du Monstre. 

Madame BipBip et Sacha sont à la sortie de l'aire de transition. "Comment ça va? " lance Sacha. 

"Pas trop mal"... puis je demande "Combien en Natation ?" Je n'obtiens pas l'info.


Adrien (Le Havrais) m'encourage et me dit que je suis parti nickel. Seulement, à cet instant, je ne connais pas encore la petite bosse, que les enfants ont découvert en faisant leur footing la veille. 

L'objectif est de tenir l'allure et d'accepter le 'ralentissage' quand ça montera. 

KM1, Dimitri m'annonce mon temps Natation. 1h18 ! Pouah ! Tant que ça. Puis il me dit : 

"T'es à 6h38 de course transitions comprises."

Ça fait TILT dans ma tête ! TILT à nouveau ! Comme un flipper. Calcul rapide.

Alors, pour passer sous les 10h, il faudrait sortir mon meilleur marathon IronMan que je n'ai jamais fait, soit 3h22. Ma meilleure marque étant 3h33. 

TILT ! GAME OVER ! Je sais à cet instant que pour le Sub10 ! C'est mort !!!! 

Je n'ai pas les jambes pour courir à moins de 5' au kilo.

KM2, je reste toujours dans le rythme. On ne décourage pas un BipBip comme ça

KM3, l'allure baisse, normal, je suis au milieu de la bosse. Je monte.

KM4, ravitaillement, puis je redescends dans la forêt pour aller vers la plage. 


Sébastien du HAC, celui avec lequel je faisais des chassés-croisés sur la fin du vélo me double. Il va un peu trop vite pour moi même si tout va bien. 

Je passe juste en-dessous de notre logement... Dommage, je n'ai pas les clés. Sinon j'aurais bien fait une halte sur le canapé. 

Je passe ensuite au niveau de la ligne d'arrivée. La partie vent dans le dos me fait beaucoup de bien. Mais c'est le retour sur cette même portion, vent de face, qui m'assomme un peu. Le vent est pénible dans ce coin.

Bon voilà, le premier tour est fait ! Honnêtement, je sais maintenant que tenir l'allure fixée ne sera pas possible. 

J'entame le second tour avec l'envie dans les chaussettes, rose et jaune à petits pois. D'autant plus que j'ai des fourmillements dans la jambe gauche.

Je revois Adrien, mon pote du Havre, qui me dit que c'est tout bon. C'est vite dit ! Je ne suis pas aussi sûr que lui. J'ai un coup de mou terrible en partant sur ce second tour. J'ai presque envie de m'arrêter là. Alors qu'en sera-t-il du troisième, généralement le plus difficile mentalement sur IronMan ?

J'entame tout de même le début de la boucle avec le retour en forêt. 

Je ne suis pas au mieux, comme l'allure. En revanche, je refuse de marcher dans la bosse. Ce tour-là me semble long. Je n'oublie pas de boire et d'ingurgiter un gel toutes les 20mn environ, soit un ravitaillement sur deux. 

Je passe devant la ligne d'arrivée. FrenchMan attend le premier. Pendant ce temps, je file le long de la plage, vent dans le dos avant de le reprendre en pleine face.

Dimitri, qui me suit en parallèle sur son vélo, me supporte. Il aura été extrêmement présent un peu partout avec des vifs encouragements. Il me dit que le troisième tour sera déterminant, qu'il faut aller tenter le 10h30. 

J'aimerais bien. Ces mots seront néanmoins un bon boost pour rester positif ! 

"Je ne sais pas quelle est ta position dans ton groupe d'âge, mais honnêtement, t'as pas beaucoup d'entrainement et tu fais une belle course... Allez tu t'accroches dans ce 3ème tour. Si tu le passes, le 4ème, tu le feras !" dit-il en depuis son vélo tout en me suivant.

Il a raison en plus ! Le plus dur sur IronMan se situe autour du KM27/32, même si les 10 derniers kilomètres peuvent s'avérer très cruels. Mentalement parlant, généralement, si le troisième tour passe, alors sauf grosse défaillance, on veut aller jusqu'au bout.

Deuxième tour bouclé ! La moitié du Marathon ! Je ne suis pas au top !

300m plus tard, bizarrement, j'entame la troisième boucle plutôt bien. La montée dans les bois sur le petit sentier en bitume passe bien, la petite bosse de 300m aussi, sans encombre. Presque une balade en forêt. 

Quant au retour vers la plage, il est lui aussi bien géré. 

Je bois de l'eau avec un gel toutes les 20mn. Ça c'est la règle que je m'impose. Les gels de l'organisation passent bien et de temps en temps je consomme des gels perso que j'ai dans ma tenue de combat. Pour changer. En passant devant Sacha, je tape encore une fois sur le petit carton "Boost" qu'il a dessiné. 

Le passage sur la plage est une formalité, même le retour face au vent. 

Parfait ça ! Troisième tour avalé ! Plus qu'un !

Ceux qui ont déjà fait ce type d'épreuve savent ce qui se passe exactement à ce moment-là. Soit on a bien géré et ça va passer, soit on s'effondre et ça peut devenir un calvaire, marche/course, rampage, léchage de bitume, écrasement total, liquéfaction, mort... En tout cas, je sais déjà que j'irai au bout !

Si certains subissent, je tiens mon rythme. Je passe devant mes supporters.

Et je prends la potion Astérix que je m'étais gardée pour le dernier tour. La potion Astérix, c'est un petit flacon, type actimel, acheté par ma moitié sur lequel est écrit : "5h d'autonomie. À ne prendre qu'une seule fois par jour." 

Vendeur non ?... Mme BipBip en l'achetant s'était dit que ça devrait me booster à fond !!! Serai-je pris en excès de vitesse par un radar, remontant plus de 100 athlètes d'un seul coup ! 

Oh purée. Incroyable. J'accélère. Je ne maitrise plus mes jambes, elles s'emballent, j'ai l'impression de voler au-dessus du bitume, de rebondir comme un kangourou, de raser le sol à toute vitesse tel le BipBip. J'aperçois même un coyotte sur le bord du chemin. Hallucinogène le truc !

5mn plus tard, je suis dans la bosse. Je ne marche pas. Je cours un peu sur les talons pour éviter les crampes qui arrivent. 

La potion Astérix s'est avérée totalement inefficace. Pas l'effet escompté en tout cas. J'arrive au ravitaillement en haut, dans les bois. Pour compenser, je prends un double coca, sans whisky. Gael, qui a fait le HalfIronMan la veille, m'encourage pour la seconde fois. Je ne repasserai plus par là. Na na nère... 

J'amorce alors la descente en calmant les crampes, courant plus sur le talon. Les quadriceps commencent maintenant eux aussi à durcir.


Chaque passage au ravitaillement, je marche pour récupérer un peu. Je bois: eau + coca. Me voilà de retour sur la grande ligne droite le long de la plage. 

Les crampes assiègent le mollet gauche. J'adapte ma course. Il reste 2.5km. Je bois. Ça tient ! Ça tient ! 

Demi-tour au parking. 

Le bénévole qui me reconnait me dit : "Allez Fred, 1600m"

Yessssss ! Je m'arrête une dernière fois au ravitaillement. Les deux verres de coca n'annulent pas les crampes mais font du bien. Il reste 500m. Je marche pendant 50m après la zone de ravitaillement. Les deux mollets sont durs, mais ils tiendront.

Je m'engage enfin dans la dernière ligne droite vers la ligne d'arrivée. 

On annonce mon nom. Mes supporters sont dans les gradins. Je tape dans les mains des spectateurs, entrainant un léger déséquilibre qui contracte les mollets. Je passe la ligne sans laisser passer le concurrent qui me suit ! 

Eh oh ! C'est ma place... OK ! Je coupe la ligne ! Na !

10h43 ! 

J'ai couru le marathon en un peu plus de 4h. C'est moyen ! Mais je prends. Au regard des blessures que j'ai eues et du manque de volume en CAP, comme je dis, je prends. 

Et là, sur l'écran, s'affiche 13°V3. 13ème sur 127 dans ma catégorie d'âge, considérant que je suis le plus vieux de cette même catégorie (50-54ans). 

Cela me redonne le sourire. Benji, que je connais, est surpris de me voir.

"Hey Fred, tu es là ! Génial" On se tape l'accolade. Benji ne compte plus les accolades. Il les fait à chaque finisher, mélangeant un peu sueur de chacun. 

On échange quelques mots. FrenchMan est dans son rôle... Merci Benjamin.

Mes proches me prennent en photo depuis les tribunes, puis je file manger un morceau. Sauf qu'il m'est impossible de mâcher, comme à chaque fois.

J'échange sous la tente de ravitaillement après course avec d'autres triathlètes. On parle de Natation dantesque, de vélo aéré et d'un marathon pas si facile. On refait la course quoi !

Puis, il est temps de rejoindre les miens pour qui la journée a été très longue. Même si le logement où nous étions leur a permis de se reposer un peu pendant que je pédalais, faisais mes boucles de CAP. Heureusement pour eux, car il ne faisait pas très chaud.

Après un massage aux cuisses bien dures, la moindre petite marche à monter me parut au moins le triple de sa hauteur avec les douleurs aux quadriceps qui vont avec. D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, mes jambes sont encore en mode Robocop. Les courbatures auront disparu 3 jours plus tard.

Je récupère mes affaires et mon Argon18 puis nous rentrons à pied. Je prends une bonne douche réparatrice. Puis j'avale une bonne soupe. C'est ce qu'il y a de mieux après un tel effort !!! Ensuite, nous sommes retournés vers la plage, voir les derniers concurrents finir leur course (+16h pour le dernier) et dire au revoir à mon pote Adrien.

Ainsi se termine le FrenchMan ! 

CONCLUSION  

Comme évoqué au téléphone avec mes parents, qui ont suivi la course à distance, finalement, cette place et ce chronomètre restent dans les cordes de mes précédents IronMan, régulier sous les 11h, dans les mêmes ordres chronométriques que lorsque j'étais plus jeune. Comme quoi !

Je termine à une SOLIDE 13ème place si on considère tous les soucis que j'ai eus pendant la préparation. Mais il ne faut pas se cacher derrière ça. La météo m'a également bien desservie pour atteindre l'objectif du Sub10. C'est comme ça ! Chaque course est différente.

Âgé de bientôt 54 ans, l'an prochain, je serai dans une autre catégorie M55-59. V4.

Purée j'aurai 55 ans en 2027 ! Déjà ! 

Alors, par curiosité, je me suis amusé à regarder quelle aurait été ma place en V4. 

J'aurais fini 2ème ! PODIUM ! Si ça, ça ne motive pas un Triathlète !!!!!

REMERCIEMENTS

Ma moitié. Qui supporte mes absences à l'entrainement, même si je fais tout mon possible pour être un maximum présent. Vivre avec un triathlète, plus trois autres jeunes champions, ce n'est pas facile tous les jours. Mais après tout, on est mieux à l'entrainement que devant une console de jeu ou devant des séries TV. 

Mes enfants. Pour leurs encouragements, leur enthousiame et pour leur pratique au quotidien (tous les trois ont de très beau niveau). Ils sont certainement des catalyseurs pour rester en forme, en tout cas, dans cette forme que je maintiens encore. Pendant des années, j'ai été leur motivation. Ils voulaient imiter Papa. Aujourd'hui, ils font bien mieux que moi. Je leur souhaite seulement de connaître un jour, au moins une fois, la finish line d'un IronMan. Parce que nous faisons du Triathlon, mais nous ne pratiquons pas le même sport. Les distances courtes n'ont rien à voir avec le très long. En tout cas, leur présence est un juste retour des choses et c'est surtout magnifique de pouvoir partager la même passion. On a au moins une chose en commun.

Mes parents de m'avoir donné un telle génétique. Mon garmin me dit que j'ai une condition physique d'un homme de 20 ans. Véridique. Vous ne pouvez pas dire que vous n'y êtes pour rien.

Je remercie une fois encore Guy. Il a été un coéquipier tout au long de cette préparation, tant il a soigné mon Argon18. Vous êtes un grand Monsieur Guy. Merci !

Je pense bien sûr à ces collègues de travail qui ont contribué à ce cadeau surprise et sans qui, cette course n'aurait pas été envisagée. Quelle belle idée de m'avoir offert ce mélange de sueur, de plaisir, de résilience, sous l'impulsion de Myriam.

Adrien, mon pote, j'étais heureux de te revoir. On devrait plus souvent.

Enfin je ne peux pas oublier tous ces supporters de l'ombre qui suivent de très près, en étant loin, nos activités sportives sur le blog : Yves, Loulou, Nath', Béa, Julie, Xav', Y4nn1ck...

Le triathlon, un sport individuel avec un bel esprit d'équipe.


lundi 11 mai 2026

RETOUR "PRESQUE" GAGNANT

Dimitri était de retour au Triathlon après presque un an d'absence. Des douleurs au dos qui l'ont plié en deux avant Noël et ce jusqu'en février. Après de nombreuses visites chez le médecin, ostéo, kiné et même l'option chirurgie envisagée, finalement, c'est une infiltration qui lui aura permis de remettre la machine en route. 

En tout cas, une belle preuve d'abnégation. Respect pour le caractère. Dimitri n'aura jamais lâché l'affaire. Exercices de renforcement, étirements, reprise de l'entrainement en douceur (trop rapide du point de vue des parents), montée en puissance progressive, changement de vélo, des kilomètres et des kilomètres d'aller-retour dans le bac en natation pour revenir au niveau. Et ceux qui nagent savent combien c'est ingrat. Il lui reste la course à pied à retrouver qui n'est pas encore au point. Cela fait seulement deux mois qu'il recourt après avoir commencé par de la marche au tout début. Hé oui ! La course à pied et le dos. Les impacts. Une très longue histoire.

Bref ! Le premier dossard du 'come back' sera sur le Sprint de Tarbes. Dans un cadre magnifique, avec le pic du midi de Bigorre et son observatoire en toile de fond. 

Au menu de ce magnifique matin de mai : 750m de nage dans le magnifique lac de l'Arrêt Darré, 20km de vélo, vallonnés, et 5km de course à pied en deux boucles !

La course Sprint était annoncée pour 9h15. L'échauffement est fait en conséquence. Seulement voilà, l'Organisation a changé le programme la veille au soir, mais pas sur le site officiel où c'est toujours indiqué "départ XS 9h, départ S 9h15". L'info était dans un petit mail qu'il ne fallait pas rater. 

Et donc, on entend : Départ du Sprint à 9h !

Non ? Super ! 

Dimitri n'a plus le temps d'enfiler la combinaison néoprène. Il sera le seul à s'élancer en trifonction. Eau à 18°.

Allez ! Départ en masse !

Il part très bien et se retrouve en tête sur les 100 premiers mètres. 


il y a trois bouées à contourner pour retourner vers l'aire de transition. A la première bouée, ils sont trois devant. Dimitri est en haut, le plus à droite, sans la combinaison. Facile à repérer.

Puis, petit à petit, un athlète se détache, avec une combinaison. Il faut savoir pour les néophytes que l'on gagne environ 7/8 secondes au 100m avec une néoprène qui améliore la flottaison. Sur le retour, ils sont trois à s'être détachés, dont Dimitri 3ème. 

Le premier sortira de l'eau 20 secondes avant, grâce à la combinaison. L'athlète en question nage moins bien que Dimitri. Il est loin d'avoir ses chronos en bac. Mais c'est comme ça. Ce sont les aléas de course. Tant mieux pour lui. Tant pis pour Dimitri.

Il s'extirpe finalement de l'eau en troisième place, tout comme il passe à cette même position en haut de la bosse à quelques encablures du parc. 

Transition la plus rapide. Normal, il n'a pas la combinaison à enlever. Il part sur le vélo à la seconde place. Maintenant, le chantier. 350m de D+ sur 20km. Il compte bien faire la différence sur ce parcours.

Il revient sur le jeune de tête dès le 4ème kilomètre. Après, ce sera une partie de chassé croisé. Dimitri plus fort sur le plat, l'autre suce un peu la roue, dira-t-il, alors que le drafting est interdit (no comment). En revanche, malgré les watts envoyés en bosse, le jeune suit, plus léger sans doute, et il passe même devant dans un gros coup de cul à plus de 15%. Dimitri dira: "J'étais étonné de le voir me passer en haut." C'est donc un bon grimpeur.

On repère la moto d'ouverture de course en contrebas du lac. Impossible de savoir qui est devant. Il reste donc une dernière bosse à gravir avant de revenir vers le parc à vélos. C'est le plus jeune des deux qui passe en premier, 10 secondes avant Dimitri, qui signe le meilleur temps vélo.

Transition moyenne. Une chaussure qui rentre mal. Pendant ce temps, le premier s'échappe.

Sur cette transition, on notera le manque de fluidité. Il recourt seulement depuis deux mois. Le jeune n'a pas arrêté les compétitions, lui, donc il est en pleine possession des automatismes. Tant mieux pour lui. Dimitri part enfin. Il tente de revenir, mais l'écart restera le même au milieu du premier tour. 

Heureusement d'ailleurs que l'homme de tête n'est pas un très bon coureur à pied car il aurait pu prendre davantage le large. Dimitri n'est pas à son top en CAP.

Alors que notre champion effectue le premier aller-retour sur la digue, voilà qu'on m'aborde pour me dire bonjour. C'est Marie, la Pyrénéenne, une amie de ma soeur. Mince alors ! Quelle surprise ! Je ne m'attendais pas du tout à la voir ici !!! J'ai même eu un moment d'hésitation avant de la reconnaître. J'ai cherché ensuite à la retrouver après la course, mais elle s'était volatilisée. Dommage. On aurait pu parler un peu plus.

En attendant, Dimitri, lui, entame le second tour. Il a l'air mieux quand il passe devant nous.

Malheureusement il ne reviendra pas sur le premier qui ne faiblira pas. Maintenant, la foulée du grand est plus saccadée, un peu plus courte aussi.


Il lâchera un peu les chevaux sur le dernier kilomètre, lors du long aller-retour sur la digue, bouclant le dernier km à 18km/h. Pas suffisant pour combler le trou. 30 secondes sépareront les deux athlètes.


Il termine donc 2ème. Le jeune était plus fort que lui aujourd'hui. Mais je suis prêt à parier que le résultat aurait pu être tout autre s'il avait nagé en combinaison. On ne refait pas l'histoire. 

Bravo ! Retour 'presque' gagnant !

***

A 400km de là, Adrien participait au Triathlon de St Benoit près de Poitiers. 

Au final, cela ne s'est pas très bien passé. Un départ Natation raté à cause d'un mauvais temps de réaction. Il a pris d'entrée de jeu des coups de pieds et de bras sur le visage. Natation pas terrible. A la sortie de l'eau, il n'arrive pas à enlever sa combinaison néoprène. 

Il sera même en mode 'saut de kangourou' devant son vélo à essayer de défaire la fermeture éclair. Tout comme son pote Sacha. Que de temps perdu ! Il sort 40ème du parc. Ensuite, le vélo sera plutôt bon. Il aura surtout échappé aux nombreuses chutes et aux nombreux blessés qui ont rejoint l'infirmerie. Enfin, côté course à pied, étant trop loin de la tête de course, il a couru souple 

pour terminer 34ème au général sur 200 athlètes. 

Le triathlon ne sourit pas toujours ! Des fois ça passe, des fois ça passe pas.

***

Allez, weekend prochain, encore du Triathlon en perspective !!!! À très vite !